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"L'hyper-photographe"

Hôtellerie et gastronomie

Un style qui plait aux chefs

Après une enfance à Angoulême, des études à Tours et un solide parcours dans la photo publicitaire à Poitiers, Bruno Preschesmisky pose ses valises dans le Vaucluse en 1991, à Loriol-du-Comtat d’abord avant de s’installer à Carpentras et de reprendre (avec un associé) l’enseigne réputée de la ville, Chaline, l’une des dernières boutiques indépendantes à proposer du conseil et de la vente d’appareils photos.
Quand il n’est pas dans son magasin au service des clients, Bruno sillonne (à moto ou dans son Transporter) les routes du Vaucluse et des régions françaises. Dans sa photothèque, des portraits, des images de mode, bijoux, ameublement, automobile, de sites industriels, de produits du terroir, de vins, de décoration intérieure (son père était architecte) et notamment de grands noms d’hôtels et de restaurants. La Villa Saint Ange 5* à Aix-en-Provence, la Villa Gallici l’autre 5* d’Aix, l’hôtel Raphaël à Paris, l’Auberge du Vieux-Puits le 3* Michelin à Fontjoncouse, et une vingtaine d’autres étoilés encore qui ont été pris sous toutes les coutures par le Carpentrassien.

Bruno Preschesmisky en compagnie du chef Pierre Gagnaire
"L'enfant de Sao Tomé" a remporté le titre de "Leica Master Shot"

La consécration

Une de ses photos obtient le "Leica Master Shot"

De ses voyages à l’étranger, il garde précieusement les reportages effectués en Amérique du sud et en Afrique. Il y montre la culture et la fabrication du cacao.

Le portrait de ce petit garçon africain du village de Sao Tomé, les doigts dans la bouche, en train de se nourrir de ce qu’il trouve dans la terre, a d’ailleurs été remarqué par le magazine professionnel LFI Gallery de la prestigieuse maison Leica. Portrait sans retouche, sans filtre. Une image saisie par le photographe il y a dix-huit ans, avec un des premiers appareils argentiques monté avec un dos numérique et un capteur de 9 millions de pixels (aujourd’hui on atteint les 60 millions de pixels). Une photo sans fioritures technologiques. De l’état pur. Et de l’émotion. Car ce qui compte avant tout pour notre photographe, c’est le travail de la lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle.

Œuvres d'art

De la gastronomie à l'art... avec le même objectif

Une lumière avec laquelle il aime jouer aussi lors des prises de vues des objets d’art à l’hôtel des ventes d’Avignon ou encore des trésors de la bibliothèque-musée l’Inguimbertine à Carpentras, emblème de la ville. « Se rapprocher de l’histoire ancienne grâce à l’objet d’art, me fascine ». Il met ainsi toute la lumière sur les fonds anciens de Peiresc et d’Inguimbert (18e siècle), ou sur ce rouleau d’Esther du fonds Judaïca ou encore sur le buste de Monseigneur d’Inguimbert.

Se rapprocher de l’histoire ancienne grâce à l’objet d’art, me fascine

Il lui aura fallu quatre jours de shooting pour immortaliser une centaine d’objets, tableaux, sculptures, et livres. Un hommage qui méritait d’être souligné dans un portfolio. Un clin d’œil au photographe d’ici, à son art et à l’histoire d’un des joyaux de la capitale du Comtat Venaissin.

Extrait du magazine « Les Carnets du Ventoux » – Virginie Batailler